Le Porcus Chicus, c’est quoi?

Présentation

Le Porcus Chicus en live (crédit photo : @RandoFloto)

Le Porcus Chicus est un groupe de Metal humoristique, chantant en français, originaire de Besançon. Prônant fièrement l’autodérision et la caricature, les compositions loufoques du groupe traitent avec humour de vastes sujets de société comme la ruralité, les courses de mobylettes, le tri sélectif, la rock ‘n’ roll attitude, les alcools forts… Mais elles abordent également des sujets plus nobles comme des hommages à Jean-Pierre Raffarin ou Thierry Beccaro.

Cet univers atypique à comme cadre commun un territoire bien singulier niché au cœur de la Côte d’Or, j’ai nommé le Val de Saône. Cette zone géographique en plus d’être le berceau du groupe, cache des secrets indicibles, à l’origine même du nom du groupe : en effet, c’est dans ces campagnes bourguignonnes obscures que sont pratiqués des rites mystiques en l’honneur d’un dieu bestial : le Porcus Chicus. Mi-cochon mi-sanglier, cette bête est tapie au fond d’un étang mystérieux et ses disciples prient secrètement pour son avènement prochain.

Et c’est Thomas Lombard, aussi appelé Pétère, qui a été choisi par le Cochon Céleste pour répandre la parole divine à travers ses chansons métaphysiques.

Avec aujourd’hui 2 albums à son compteur (Q8-Project et L’Origine du Bruit) et 3 membres prêts à affronter la scène, la génèse du Porcus Chicus a été longue et tortueuse.

A noter pour finir cette présentation, l’aspect collaboratif qui est dans l’ADN du Porcus Chicus. On trouve en effet de très nombreux invités dans la discographie du groupe. On peut citer pêle-mêle des artistes de légende issus de groupes mythiques comme Aegirson, Angel of Pain, Blackened, Dreaggan, les Malfaiteurs, Steelburner, SVS, the Supercopters, les Têtes de Mort… De nombreux faisant partie de la grande famille de BDM Live.

L’histoire du Porcus Chicus

2005-2007 : du chaos nait le… bordel

A l’origine de ce groupe se trouve Thomas Lombard, qui crée en 2005 un projet solo nommé “Pétère and the Porcus Chicus Orchestra“. En effet, lorsqu’en 2005 le groupe Dreaggan (dont il est le guitariste et co-fondateur avec son frère et son cousin) arrête son activité, Thomas reste sur sa faim. Il a plein de riffs de guitare et des chansons en cours d’écriture. De ces chimères musicales avortées naitra en 2007 le premier album du Porcus Chicus : Q8-Projet.

Zaza & Pétère enregistrant le Q8-PROJECT en 2005 dans le studio high-tech des 2 Tréteaux

Enregistré en partie au studio des 2 Tréteaux, cet album est par nature tiraillé entre ses riffs destinés à l’origine à Dreaggan et l’esprit comique que Pétère souhaite insuffler à son nouveau projet. On y trouve déjà un certain Xavier Moutrille, ingénieur du son hors-paire qui épaulera Thomas dans la réalisation de cet album, mais surtout franc-camarade indéfectible.

Porcus Chicus – Q8-PROJECT (album 2007)

Vous pouvez découvrir plus d’info sur l’album Q8-Project ici.

Ce premier album étant un recyclage de chansons prédestinées à l’origine pour Dreaggan, Thomas a à présent l’envie de composer quelque chose de plus personnel. Il va donc s’atteler à l’écriture d’un nouvel album. Nous sommes fin 2007 et personne n’imagine alors qu’il faudra 13 ans pour que sorte ce nouvel opus.

2007 : les 12 travaux de Pétère commencent

L’adage de Thomas étant “on n’est jamais mieux servi que par soi-même” il va se lancer le pari fou de TOUT faire lui-même : composition des musiques, écriture des textes, enregistrement de chaque instrument, chant, mixage mais aussi réalisation de la pochette et de tout l’artwork de l’album, ainsi que des clips vidéos ou du site internet ici présent.

Un travail méticuleux et organisé commence…

Le revers de la médaille c’est que tout ça va prendre du temps, beaucoup de temps. Surtout qu’il va falloir avant tout apprendre les techniques d’enregistrement audio, mais également les bases du mixage, apprendre à jouer de la batterie aussi, ça peut aider… Bref, le pauvre Thomas ne sait pas dans quoi il s’est embarqué. Mais il va rapidement se rendre compte que le travail est titanesque.

En 2007 alors que Pétère est sans groupe, sans emploi et sans domicile fixe (j’ai pas dis que je dormais dehors!) il va commencer à mettre en place quelques titres avec Julien Chateau, aussi connu sous le diminutif l’Beinj. Ce personnage atypique n’est ni plus ni moins qu’un messager extra-terrestre, envoyé de la planète Vega, en mission d’observation secrète sur Terre. Aussi étonnant que cela puisse paraitre il est aussi le cousin de Thomas “Pétère”. 🤷‍♂️ Ils vont se rencontrer à plusieurs reprises et répéter à la Vapeur à Dijon. De ces rencontres naitront les graines rythmiques de The Mobylette Rules, Bac Jaune et Lorem Ipsum. 10 ans plus tard, l’Beinj chantera sur ce titre, la boucle était bouclée. A noter également que le nom de l’album L’Origine du Bruit naitra un soir de 31 décembre 2007 durant une conversation mystique entre les 2 cousins…

Comment faire? Il y a trop de boutons partout et c’est n’importe branché…

A noter également que durant les années 2007-2008, Pétère, Mamass et LePol forment un groupe de reprises : SVS. L’occasion pour Pétère de prendre le poste de chanteur pour la première fois dans un groupe et trouver sa voix pour le futur album du Porcus Chicus. SVS fait plusieurs dates de concerts, notamment via l’association BDM Live. Car oui, nous sommes également en plein dans les années où Pétère est membre de l’association en tant que graphiste. D’ailleurs vous pouvez découvrir l’histoire de BDM Live à travers la création de son identité graphique sur ce site très intéressant. Pétère travaille alors avec des personnages importants de la scène Saint-Jean-de-Losnoise comme Coucouss, Kaiser, Zaza, Mamass, Bam Bam, qui ont tous participé un jour ou l’autre à un projet musical avec Pétère.

Pétère (crédit photo : Stéphane Bigourdan)

Heureusement, Thomas a un atout de poids dans sa tâche ardue. Xavier Moutrille va lui être d’une aide inestimable. Ami d’enfance et ingénieur du son pour le compte de MX-SISTEM, “Zaza” va être le référent technique lorsque Thomas aura des questions, des doutes, des angoisses… En effet, grâce aux conseils de “Zizi Coincoin” (oui, il a beaucoup de surnoms), Thomas surmontera les difficultés techniques. Last but not least comme on dit dans la Meuse, Xavier Moutrille fera également le mastering de l’album “L’origine du Bruit”, parce que quand même, faut pas déconner, les trucs sérieux faut les laisser faire par les gens compétents, merde.

Zaza, dans toute la pudeur et la retenue qui le caractérise

Il y a des hauts et des bas, mais le projet avance tout de même. Il y a forcément des moments de doutes et de remise en questions. Il y a aussi les heureux événements de la vie de famille qui ralentissent nécessairement ce projet. Mais toujours, perdure l’envie de terminer ce projet. Vous pouvez découvrir plus d’info sur l’album L’Origine du Bruit ici.

2016 : le cochon est rejoint par un éléphant et un sanglier

En parallèle du travail du second album, Pétère pense de plus en plus à faire vivre ses chansons sur scène, avec un vrai groupe. Lorsque son frère, Aurélien Lombard, avec qui il avait co-fondé Dreaggan en 1998, revient dans la région en 2016, l’idée de rejouer ensemble revient rapidement. Et il ne faut pas longtemps aux 2 frères pour se mettre d’accord sur le répertoire qu’ils vont mettre en place : les compositions que Thomas a écrite ces dernières années. C’est donc une seconde naissance pour le Porcus Chicus qui devient un réel groupe de musique. Le groupe commence à répéter au Bastion de Besançon.

Pétère et Babard (crédit photo : Stéphane Bigourdan)

Rapidement, le besoin d’un bassiste à plein temps se fait ressentir et un troisième membre rejoint la bande en la personne de Jean-Baptiste Chalmandrier. (ex-Aegirson pour les plus anciens d’entre vous) Gibier, comme l’appel ses amis, n’est pas un inconnu des frères Lombard, car en plus d’être un copain de longue date, il a déjà officié comme bassiste chez Dreaggan en 2003. Il ne faut pas longtemps pour que la sauce reprennent.

Gibier, Babard et Pétère en pleine répétition au Bastion.

Hélas, Gibier change de région pour raisons personnelles, et est contraint de quitter également le Porcus Chicus. Thomas et Aurélien se voient obligé de repenser le groupe et remettent en question tout le projet. Vont-ils pouvoir continuer? Sous quelle forme?

Gibier (crédit photo : Stéphane Bigourdan)

2019 : la charcuterie familiale s’agrandit

L’incarnation vivante du Porcus Chicus (merci à Thomas du Bastion pour la photo 😉)

Alors que jusque là le Porcus Chicus jouait avec une batterie électronique, les 2 frères décident de changer la structure du groupe et se mettent à rechercher un batteur au printemps 2019. C’est en la personne d’Alexandre Grammont qu’ils trouveront leur troisième membre. Via un contact de Fred’A (invité du second album du Porcus Chius) Pétère et Babard font la connaissance d’Alex. Fan des mêmes vieilleries musicales des années 80-90 que les 2 frères, Alex est rapidement confirmé comme batteur du Porcus Chicus. Alexandre va apporter une toute nouvelle dimension dans le groupe, car d’abord, jouer avec un batteur en chair et en os c’est autre chose, mais en plus, Alex est un professionnel de la batterie. Et là, on ne rigole plus…

Alex (crédit photo : @RandoFloto)

Car on ne va pas se le cacher, depuis près de 25 ans, Thomas joue de la musique “à sa façon” dirons-nous, pour rester poli. Les notions de solfège et de rythmique lui évoque au mieux les cours du collège avec M. Forgeot, mais rien de plus. La musique du Porcus Chicus est atypique et ne rentre pas vraiment dans les standards. Alexandre, avec sa modestie et ses compétences techniques va donc accepter ces chansons “bancales” mais va apporter toute sa rigueur et sa connaissance de la musique pour que le groupe les exécute le plus droit possible. Les 2 frères vont devoir beaucoup travailler pour améliorer leur niveau. Surtout que depuis le départ de Gibier, Aurélien a pris le rôle de bassiste en plus de son poste de chanteur, ce qui lui demande beaucoup de travail.

Babard (crédit photo : @RandoFloto)

Les mois passent et en mars 2020 a lieu le premier concert public pour le groupe. Et quoi de plus symbolique pour Pétère & Babard, natif du Val de Saône que de faire la première date du Porcus Chicus à Saint-Jean-de-Losne? Pour la petite histoire, c’est dans le bar La Brasserie du Port que se produit pour la première fois le Porcus Chicus; au même endroit où plus de 15 ans auparavant les 2 frères ont joué à plusieurs reprises avec Dreaggan, lorsque le bar s’appelait Chez Chantal. Autre anecdote sympathique, le Porcus Chicus joue en première partie des Putes Mortes invité par Kouett, artiste atypique du Val de Saône; lui-même qui 20 ans auparavant, alors jeune ado, venait voir les concerts de… Dreaggan. 😉

Pétère (crédit photo : @RandoFloto)

2020 : grippe porcine

La suite du groupe, tout le monde la connait, c’est la mise en pause forcée à cause de la crise sanitaire mondiale dûe au Covid-19. Le groupe réussira tant bien que mal à répéter 2 fois dans l’année, entre 2 confinements, mais la dure réalité les rattrape et les trois musiciens sont forcé de se mettre en pause. Dans ce malheur artistique, Thomas y trouve quand même son compte et profite de cette mise en sommeil du groupe pour terminer son fameux album commencé en 2007. L’Origine du Bruit est terminé fin décembre 2020 et part en pressage.

Porcus Chicus - L'Origine du Bruit (album 2021)
Porcus Chicus – L’Origine du Bruit (album 2021)

Vous pouvez découvrir les détails de l’album L’Origine du Bruit ici.

On espère pouvoir remettre la machine en marche, maintenant que l’album est sorti, et pouvoir le promouvoir sur scène. A bientôt, on l’espère…

En attendant vous pouvez flâner dans la boutique officielle du Porcus Chicus et pourquoi pas vous procurer un des albums du groupe :

Les commentaires sont fermés